2009
Mon avis : Bon. J'espère que vous avez un Thermos de café, parce que j'ai pas mal de choses à dire.
Il faut savoir que ce film n'est pas censé être "un film romantique de plus". C'est un film indépendant, qui n'est pas censé être dirigé vers les amateurs de bluettes, mais plutôt vers leurs détracteurs, un film pour le festival Sundance et les critiques cinéma. D'ailleurs, nous en sommes dès le départ informés par la tagline (qui est rappelée au début du film) : "This is not a love story, this is a story about love".
Sauf que, heu, si. C'est l'histoire d'un homme et d'une femme qui tombent amoureux - ou du moins, l'un tombe amoureux de l'autre. Au pire, c'est une histoire d'amour non partagé, mais c'est une histoire d'amour quand même. Quel est l'intérêt de proclamer une chose pareille ?
L'intérêt, c'est que cela permet de se mettre à distance de "tous ces autres films d'amour bidon" en sous-entendant qu'on vaut bien mieux que ça. Vous pouvez imaginer comme une telle profession de foi marche bien sur moi.
Je ne résiste pas à vous copier-coller un morceau d'interview du réalisateur :
Director Webb has described the film as more of a "coming of age" story as opposed to a "rom-com". He stated, "We arrive at a different conclusion, for one thing. Plus, most romantic comedies are more loyal to a formula than to emotional truth. It's about happiness, and learning that you'll find it within yourself, rather than in the big blue eyes of the girl in the cubicle down the hall. I wanted to make an unsentimental movie and an uncynical movie. In my mind, I wanted it to be something you could dance to. That's why we put a parenthesis in the title - it's like a pop song in movie form.
Sérieusement. Une chanson pop en forme de film.
Voilà, en fait, ce qui résume le mieux ce film. On ne va pas faire un titre bêtement ordinaire, on va faire un titre-de-chanson-pop-en-forme-de-film. On va prendre ce genre niais et sans intérêt qu'est le film romantique, et on va en faire quelque chose de digne d'intérêt, "frais-intello-indépendant-original-différent".
Sauf que la recette du film frais-intello-indépendant-original-différent, je pourrais l'écrire dans mon sommeil. Il suffit de raconter l'histoire dans le désordre pour lui donner un air d'extraordinaire (alors que d'une part, elle restera tout aussi ordinaire dans le désordre, et d'autre part, c'est loin d'être une idée originale). Il suffit de mettre en scène des personnages étranges, sarcastiques et soigneusement trash (or j'identifie instantanément ce genre de personnages comme des poseurs vaniteux en perpétuelle représentation, qui sont déjà trop nombreux dans la vraie vie pour que j'ai envie de les regarder minauder pendant une heure et demie sur un écran).
C'est ça, le problème : c'est que pour faire quelque chose de profondément nouveau et différent, il faut du talent. Beaucoup. Sinon, tout ce qui reste, c'est l'effet "Get it ? Get it ? On a mis une parenthèse parce que c'est comme un titre de chanson pop".
Un autre exemple, c'est que - spoiler alert - à la fin du film, Tom rencontre une autre femme. Qui s'appelle. Tenez-vous bien.
"Autumn". Je jure que c'est vrai.
Bref... Ce film ne m'a rien apporté. Il s'est moqué des histoires que j'aime et les a remplacées par une démonstration de "différence", une heure et demie d'esbroufe qui ne mène à rien.
Vous voulez savoir le pire ? C'est que ça a marché. Quand je vous disais que ce film était destiné à Sundance et à Rotten Tomatoes... Ca a marché. Ils ont adoré.
-_-
Lovimètre : RAB
Il faut savoir que ce film n'est pas censé être "un film romantique de plus". C'est un film indépendant, qui n'est pas censé être dirigé vers les amateurs de bluettes, mais plutôt vers leurs détracteurs, un film pour le festival Sundance et les critiques cinéma. D'ailleurs, nous en sommes dès le départ informés par la tagline (qui est rappelée au début du film) : "This is not a love story, this is a story about love".
Sauf que, heu, si. C'est l'histoire d'un homme et d'une femme qui tombent amoureux - ou du moins, l'un tombe amoureux de l'autre. Au pire, c'est une histoire d'amour non partagé, mais c'est une histoire d'amour quand même. Quel est l'intérêt de proclamer une chose pareille ?
L'intérêt, c'est que cela permet de se mettre à distance de "tous ces autres films d'amour bidon" en sous-entendant qu'on vaut bien mieux que ça. Vous pouvez imaginer comme une telle profession de foi marche bien sur moi.
Je ne résiste pas à vous copier-coller un morceau d'interview du réalisateur :
Director Webb has described the film as more of a "coming of age" story as opposed to a "rom-com". He stated, "We arrive at a different conclusion, for one thing. Plus, most romantic comedies are more loyal to a formula than to emotional truth. It's about happiness, and learning that you'll find it within yourself, rather than in the big blue eyes of the girl in the cubicle down the hall. I wanted to make an unsentimental movie and an uncynical movie. In my mind, I wanted it to be something you could dance to. That's why we put a parenthesis in the title - it's like a pop song in movie form.
Sérieusement. Une chanson pop en forme de film.
Voilà, en fait, ce qui résume le mieux ce film. On ne va pas faire un titre bêtement ordinaire, on va faire un titre-de-chanson-pop-en-forme-de-film. On va prendre ce genre niais et sans intérêt qu'est le film romantique, et on va en faire quelque chose de digne d'intérêt, "frais-intello-indépendant-original-différent".
Sauf que la recette du film frais-intello-indépendant-original-différent, je pourrais l'écrire dans mon sommeil. Il suffit de raconter l'histoire dans le désordre pour lui donner un air d'extraordinaire (alors que d'une part, elle restera tout aussi ordinaire dans le désordre, et d'autre part, c'est loin d'être une idée originale). Il suffit de mettre en scène des personnages étranges, sarcastiques et soigneusement trash (or j'identifie instantanément ce genre de personnages comme des poseurs vaniteux en perpétuelle représentation, qui sont déjà trop nombreux dans la vraie vie pour que j'ai envie de les regarder minauder pendant une heure et demie sur un écran).
C'est ça, le problème : c'est que pour faire quelque chose de profondément nouveau et différent, il faut du talent. Beaucoup. Sinon, tout ce qui reste, c'est l'effet "Get it ? Get it ? On a mis une parenthèse parce que c'est comme un titre de chanson pop".
Un autre exemple, c'est que - spoiler alert - à la fin du film, Tom rencontre une autre femme. Qui s'appelle. Tenez-vous bien.
"Autumn". Je jure que c'est vrai.
Bref... Ce film ne m'a rien apporté. Il s'est moqué des histoires que j'aime et les a remplacées par une démonstration de "différence", une heure et demie d'esbroufe qui ne mène à rien.
Vous voulez savoir le pire ? C'est que ça a marché. Quand je vous disais que ce film était destiné à Sundance et à Rotten Tomatoes... Ca a marché. Ils ont adoré.
-_-
Lovimètre : RAB
IMDB - Wikipedia
Si ça vous intéresse, Orson Scott Card pense exactement la même chose de moi. Je me suis inspirée de son article pour écrire le mien, du coup.
Si ça vous intéresse, Orson Scott Card pense exactement la même chose de moi. Je me suis inspirée de son article pour écrire le mien, du coup.
